Financement participatif en énergies renouvelables : définition, fonctionnement et avantages
Le financement participatif, ou crowdfunding appliqué aux énergies poursuit sa montée en puissance : en 2025, plus de 400 projets ont été financés par ce biais, dans un marché porté en majorité par le solaire photovoltaïque. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large d’accélération de la transition énergétique et dans la trajectoire fixée par la PPE3, qui prévoit une hausse significative des capacités installées, en particulier pour le photovoltaïque.

Pour les propriétaires, développeurs et gestionnaires d’actifs, le financement participatif ne relève plus uniquement d’une logique d’engagement citoyen. Il constitue ainsi un outil d’ingénierie financière et de sécurisation opérationnelle.
Qu'est-ce que le financement participatif ?
En l’absence de définition juridique unifiée, le financement participatif peut être entendu comme un mode de financement permettant de mobiliser des fonds auprès d’une communauté. Ce financement peut être ouvert au grand public ou réservé aux habitants et acteurs du territoire concerné par le projet.
Il existe plusieurs types de financements participatifs tels que les dons, l’investissement en titres et le prêt. Dans les ENR, c’est le prêt qui domine. Ce dernier peut se matérialiser sous plusieurs formes, notamment :
Pour permettre la centralisation des différentes parties prenantes, plusieurs acteurs qualifiés de « plateformes de crowdfunding » se sont développés. Aujourd’hui, 5 plateformes se partagent 50 % de la collecte totale du marché français, mais leur positionnement, leurs critères de sélection et leurs modalités d’intervention varient significativement, rendant nécessaire une analyse comparative pour identifier les partenaires les plus adaptés à chaque projet.
Le marché s’est structuré autour de plateformes spécialisées dont les critères de sélection, les modalités d’intervention et le positionnement diffèrent sensiblement. Le choix du partenaire ne peut donc pas être standardisé : il dépend des caractéristiques du projet, du calendrier de financement, du niveau de risque et des objectifs poursuivis par le porteur.
Pourquoi le financement participatif est un levier pertinent ?
Optimiser le coût du capital : un effet de levier supplémentaire
L’un des principaux intérêts du financement participatif réside dans sa capacité à compléter un montage financier classique là où les établissements bancaires attendent généralement un apport en fonds propres significatif. Le financement participatif peut, dans certains cas, contribuer à limiter l’immobilisation de trésorerie et à améliorer l’équilibre global de la structure de financement.
Cette dette peut prendre deux formes :
Dette senior
Utilisée en phase amont, cette dette permet de financer les étapes de développement (études, foncier) avant que le projet ne soit éligible au crédit bancaire.
Bien que son coût soit plus élevé que la dette junior, notamment en raison des risques de développement à ce stade du projet, elle permet de lancer le projet en préservant le capital.
Une fois le projet sécurisé, cette dette est intégralement refinancée par le prêt bancaire de long terme.
Dette junior (ou mezzanine)
Intervenant généralement lors du lancement des phases de construction, une dette participative de type junior ou mezzanine vient compléter le prêt bancaire afin de minimiser l’apport en fonds propres nécessaire. Son remboursement est subordonné à celui de la dette senior, c’est-à-dire qu’il ne débute qu’à partir du moment où la dette senior est intégralement remboursée.
Néanmoins, puisque les risques de faisabilité sont levés à ce stade, son coût est plus attractif que celui de la dette senior.
⚠️ Il n’existe pas de solution universelle : l’intérêt réel du financement participatif dépend du profil du projet, du coût des différentes sources de financement et du niveau de rendement attendu par le porteur. Il ne s’agit pas d’un outil à mobiliser systématiquement, mais d’un levier à arbitrer dans le cadre d’une analyse de faisabilité rigoureuse.
Sécuriser les candidatures aux appels d'offres CRE
Pour les centrales de puissance supérieure à 500 kWc, le financement participatif peut également présenter un intérêt au regard des exigences de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Le cahier des charges prévoit en effet une valorisation de l’implication financière locale, tandis qu’une absence d’engagement sur ce point peut pénaliser la notation du dossier avec un malus allant jusqu’à 2 €/MWh.

Dans un marché de plus en plus concurrentiel, ces points de notation sont déterminants. Par ailleurs, le financement participatif permet d’ajuster le coût du capital (argent emprunté + capitaux propres) pour tout type de projet, garantissant une offre CRE plus compétitive.
Il est possible de se faire accompagner dès la phase d’optimisation du projet afin de structurer ces engagements et de transformer cette contrainte du cahier des charges en un véritable avantage lors de la sélection des lauréats par la CRE.
L’acceptabilité sociale : un facteur clé
Le développement des projets ENR s’accompagne souvent d’enjeux de proximité immédiate avec les riverains, usagers et collectivités, synonyme de tension croissante. Dans ce contexte, la question de l’acceptabilité sociale demeure un facteur déterminant dans la réussite opérationnelle du projet.
Ouvrir une part du financement aux acteurs locaux constitue un moyen concret d’associer les parties prenantes locales à la création de valeur, de renforcer la compréhension du projet, de créer une dynamique d’adhésion et de réduire les tensions.
Le financement participatif trouve donc sa pertinence à l’intersection de trois dimensions : la structure financière, la compétitivité réglementaire et l’ancrage territorial.

Le regard d'Etyo
En amont de notre mission d’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage permettant d’assurer le bon développement du projet de la phase travaux jusqu’à la réception finale, les équipes Etyo accompagnent les acteurs publics et privés dans l’optimisation de leur projet d’énergies renouvelables dès leur lancement :
Montage financier et ingénierie participative
1. Optimisation et arbitrage entre la dette bancaire, la dette participative et l’apport en fonds propres afin de maximiser le TRI en fonds propres
2. Sélectionner des plateformes de financement participatif selon les besoins
3. Accompagnement dans la structuration du financement participatif (obligations, actions…)
Mise en place d’actions de concertation locales :
4. Conception et animation de dispositifs de concertation publique
5. Arbitrage du partage de la valeur entre le projet et le territoire
Le financement participatif constitue ainsi un levier pertinent pour renforcer la structuration financière d’un projet et sécuriser ses différentes étapes de développement. Il ne se met toutefois pas en place automatiquement : un arbitrage en phase de faisabilité reste indispensable pour identifier les leviers les plus adaptés aux spécificités du projet et aux besoins du porteur. C’est précisément à ce stade qu’ETYO apporte toute sa valeur.

FAQ - Financement participatif et EnR
En remplaçant une partie de vos fonds propres par une dette participative à taux maîtrisé, vous optimisez votre structure de financement et améliorez votre TRI fonds propres.
- Risque d’arbitrage financier : un mauvais dimensionnement peut alourdir le coût global de la dette
- Besoins de gestion : reporting, temps et ressources nécessaires
- Acceptabilité locale : nécessite une communication pédagogique
Non, il est de plus en plus utilisé pour des portefeuilles de toitures ou d’ombrières de parking, notamment dans le cadre de stratégies RSE visant à impliquer les salariés ou les usagers du site.
Le photovoltaïque représente la majorité des levées de fonds participatives. Toutefois, des projets de stockage, de géothermie, ou mixtes sont aussi éligibles à ce type de financement.
Si vous avez des questions, contactez directement nos experts !

Camille LIGUORI
Renewable Energy Manager
camille.liguori@etyo.com









